Végétation urbaine 2018/2019,
Lors de flâneries à Montréal, je capte diverses manifestations de végétation dans la ville.
partie II
Je m’attarde ici sur ces plantes en pot que nous apercevons à travers nos fenêtres et nos vitrines. Je les observe depuis l’extérieur. Entre elles et moi une vitre : filtre imposé qui marque une séparation, une césure. La vitre est souvent sale, l’extérieur y est reflété, ce qui augmente l’impression de séparation de milieu.  
Au delà de la recherche esthétique,  je m’interroge ici sur le rapport de domination que l’homme moderne occidental a depuis longtemps établi avec la nature et en particulier sur la manière dont ces plantes peuvent ressentir cet enfermement. Ces plantes en pot ou plante d’intérieur comme nous les appelons n’ont pas de contact direct avec l'extérieur. Elles ne sentent ni le vent ni les intempéries. Leurs racines sont déconnectées d’un microcosme naturel et donc de leurs congénères. Elles vivent dans un milieu aseptisé à la merci de leur maitre dont leur survie et leur reproduction dépendent totalement.  Comme pour les animaux domestiques, nous avons crée artificiellement un rapport de dépendance entre cette plante et nous. Que peuvent ressentir ces plantes ? Comment grâce à la connaissance des fonctionnements du végétal pourrions-nous faire évoluer notre anthropocentrisme vers un rapport équilibré et respectueux du vivant qui nous entoure ?

Projet primé au concours Lux 2019. Montréal